,

S'il est plus aisé pour les folkeux voyageurs de courir les festivités estivales, l'hiver ne constitue pas pour autant un frein à leur soif de danser. Faute de dormir à la belle étoile et de se baigner dans les rivières, ils se contentèrent du sol d'une salle polyvalente et d'un lavabo. Merci quand même.

Ils, elles, étaient nombreux(ses) à avoir parcouru des kilomètres de France humide, pour se retrouver là où les charmants organisateurs leurs avaient mitonnés deux jours de bal bien relevés.
Une première nuit composée d'un bouquet de jeunes talents ( TNT, Mainly Mellow, Miellomanie...pour ne citer que les copains). Un seconde nuit avec ces pointures que sont Naragonia et La Machine ( Na ra go niaaaa cé tro booo!! La Machine, ça déchire).

De boeufs en démo, le dimanche après midi fût aussi un bal. La pluie nous ayant rassemblés sous un chapiteau bien chauffé, nous « éprouvère » le plancher jusqu'en fanfare.

Seul bémol: une bière artisanale pas fameuse (au goût de celles que nous dégustons de bal en bal) et un peu chère.

Encore merci et continuez à faire deux nuits : ça motive au déplacement.

Ramon.

 

Une histoire circassienne ? pensez-vous … Que nenni, même si un chapiteau est un endroit idéal pour se lancer dans un cercle circassien…..
Donc, pas de clown, ni de trapèze, mais une scène, une sono, des musiciens et surtout des danseurs !! Vous commencez à voir où je veux en venir ?
Je donne d’autres indices…. Un plan d’eau, un lac quoi !, des toilettes sèches, des gens souriants, de la bonne bière…..

Et là, s’arrête les points communs, on se retrouve ensuite dans le jeu des contraires :
Nord / sud
Soleil / pluie
Baignade / grelottage
Groupes régionaux / stars du trad


© Serge Coquelut

Chez nous, c’était le 20 septembre : la Faydit’Féria (voir tout ce qu’on a écrit dessus, avec les photos et tout…)
Là-haut, c’était le 31 octobre à Cormatin (71), très joli, très champêtre, très vert !! (un peu haut, un peu pluvieux quoi !)
Leur programmation : Mainly Mellow, KV Express et.. Treff !!!!
Eux, ce sont deux potes, Vincent et Martin, qui aiment la bonne musique et les ambiances festives (parce que en fait ils ne dansent pas encore .. mais pas loin ; c’est tout le bien que je leur souhaite….)
« Martin et moi avions depuis longtemps envie de faire venir Tref en concert.
Comme on s'ennuyait un peu après les festochs et autres tournées d'été et bien...... On s'est dit qu'on ne partait pas en vacances et comme nous avions un mois de libre en septembre nous nous sommes attelés à la tâche. »

 et donc les voilà qui décident de créer une asso : « La bouche à oreille » et de créer un évènement.
« On s'appelle La Bouche à l'Oreille, car nous fonctionnons surtout avec la communication et l'échange. »

Un site internet super bien fait   www.labao.org, des réservations en ligne,
« -les résa en ligne?
Les compétences de Martin au niveau informatique nous ont permis aisément de  mettre en place le  site et les résa.
Je ne sais si l'utilité est primordiale mais cela permet de contacter rapidement les intéressés et aussi de se rassurer sur la venue ou non de spectateurs potentiels (une quarantaine de personnes ne venant pas de la région pour la plupart).
 un appel à copains et le tour était joué. Une déco super originale, des WC cendriers, une allée couverte de paille sèche pour accéder au chapiteau, un grand barnum chauffé pour dormir …

Et figurez-vous que le tout s’est terminé (démontage) le week end d’après en pleine inondation avec 50cm d’eau coulante sous le chapiteau !!!!
Une belle aventure non ?

Deux belles aventures en fait à 600 km de distance, une idée de base similaire, des moyens quasi les mêmes avec comme ingrédient de base une sacrée équipe de bénévoles et un résultat identique : QUE DU BONHEUR !!!.....

Est-ce lié à la forme du chapiteau qui, tout comme le tepee ou la yourte, incite à une communication, un partage de qualité….. Peut être bien…
En tout cas, rendez-vous est pris pour la prochaine Fayditféria en septembre 2009.

Quant à « la bouche à oreille » ils ont l’intention de réitérer l’aventure au printemps 2009

Côté finances :

Martin et Vincent :
des deniers persos quoi !
Un peu de jeunesse et sport obtenu de justesse (700€), les commerçants locaux,
mais surtout le mécénat et l'aide des professionnels du spectacle dans notre région ( théâtre, restauration, admin etc... ).
Ce qui ne veut pas dire que nous aurons le même soutien la prochaine fois car le projet était colossal et vu les différents aléas climatiques et le peu de temps pour y remédier, il serait difficile d'espérer le même engagement de tous.


Les faydits :
Pour la Faydit’féria 2007, nous n’avons fonctionné qu’avec des avances personnelles et des avances des assos amies qui ont bien voulu attendre de voir le résultat pour récupérer leur mise (principalement la communication).
En 2008, nous avons obtenu une subvention de 300€ de la charte intercommunale lodévois/Larzac pour l’animation de l’après-midi autour du répertoire du lodévois, action qui a été inscrite dans les journées du patrimoine.
Promis, pour 2009, on fait un plus gros effort auprès des grosses collectivités (département et région).

Carole Faydit

Saint Jean du Gard
31 octobre 2008 à l’Espace Pauhlan

Rires et sourires à pleine bouche et  de la danse pour tous les mollets ! Le 2ème bal organisé par le tout jeune Groupe de développement de la danse trad à Saint Jean du Gard a réussit son objectif : faire se rencontrer par la danse plusieurs générations de saintjeannais et provoquer un brassage social entre « hippies des montagnes et villageois ». Avec le bal pour enfants, l’apéro mit en musique par quelques Cevenic et le bal de Cabr’e Can, prés de 325 personnes ont vaillamment bravé une météo diluvienne, un phénomène cévenol en pleine alerte orange !


© Zibel

L’équipe de bénévoles, très motivée, avait bien fait les choses : une décoration originale de la salle, une restauration et une buvette de qualité et une programmation judicieuse avec Cabr’e Can.


©Zibel

Avec leur répertoire de danses occitanes et languedociennes et les talents de Chantal en animatrice de danse, les musiciens ont mis tout ce beau monde en branle dans une ambiance chaleureuse et bon enfant. Néophytes et infatigables écumeurs de plancher ont mêlé rires et sueur sur les « tubes » de ce groupe rompu aux danses collectives d’ici telles les fanrandolles, les Treilles, la Boulangère, le Potiron ou leur fameuse valse …. « de Saint Jean ». Vivement le prochain bal !

Zibel

La question se pose, ça bouge pas mal autour du trad à Saint Jean du Gard, il s’y passe des évènements assez uniques, et il y a des bruits qui courent, peut être des inquiétudes… La question est pertinente, merci Carole !

Je pourrais répondre directement, dire mes prévisions à court et moyen terme. Mais je trouve plus pertinent de chercher d’abord pourquoi et comment ça bouge dans mon village. Imaginer comment ça pourrait évoluer sera ensuite probablement plus réaliste.

Pourquoi les danseurs aiment tant Boulegan ?

Le festival Boulegan à l’Ostal est né avec le troisième millénaire.
Au-delà des foules et des chiffres grandissants, c’est une très belle page du trad qui a été patiemment dessinée année après année, sur le week-end de Pâques, au cœur même du village de Saint Jean du Gard.

Boulegan se définit lui-même comme un « festival de musiques pop trad » et un « salon de luthiers ».
La danse n’a pas été jusqu’ici la priorité des organisateurs… et pourtant beaucoup de danseurs mettent Boulegan dans leurs 2 ou 3 festivals préférés ! L’un d’eux m’avouait même : « …et je ne sais pas pourquoi ! »
Pour le moins, nous nous devons de nous poser sérieusement la question du pourquoi ! Comment se fait-il que Boulegan fasse autant courir les danseurs ? J’essaierai plus loin de donner des premiers éléments de réponse où je n’engagerai que moi.

Mais avant cela, je vais vous raconter une petite histoire trad de Saint Jean du Gard qui n’est pas encore très connue, et qui peut aider à éclairer celle de Boulegan.

Pourquoi un village se met à danser ?

…Ce sont des danseurs et quelques non-danseurs, parmi eux il y a des personnes du centre socioculturel l’Oustal, des élus aussi. C’est une bande joyeuse et déterminée dont j’ai la chance de faire partie.

Ce groupe encore sans nom (!), nous l’appellerons ici par son premier slogan, Ça-va-faire-bal.
Ça-va-faire-bal a une envie un peu folle qui ne fera que grandir, faire danser aussi les gens de Saint Jean du Gard… Parce qu’à Boulegan, peu de villageois dansent. Ils sont là, ils regardent, ils écoutent, ils bougent des tables et servent des bières, ils accueillent chez eux plus de 200 musiciens et luthiers, et beaucoup d’autres… C’est déjà énorme ! Mais Ça-va-faire-bal veut aider à aller encore un peu plus loin…

On commence d’abord par organiser ce fameux bal du 2 février 2008, notre « avant première ».
Ok super, 350 personnes, ok, super ambiance, mais quelque chose nous échappe encore. Un ami de passage répète : « je crois qu’on ne se rend pas compte de ce qui se passe ici ce soir »… Il nous intrigue et ça nous pousse à trouver la clé.
Ce soir-là, c’est le village qui nous montre lui-même son attente : Il y a dans le public environ 60% de gens d’ici, de tous les âges, dont une bonne moitié danse ! Ce n’est pas courant dans nos régions, d’avoir plus de 20% de « locaux » dans un bal trad. Le plus souvent, ce sont les danseurs qui se déplacent, il en est tout autrement ce soir-là.

Ça-va-faire-bal sent qu’il est urgent de ne pas aller trop vite. Entraîner un village dans la danse ne peut se faire sans finesse. Nous lançons les ateliers, et avant de multiplier les bals, nous prenons plusieurs mois pour donner du temps au temps : nous nous ajustons entre nous, nous déclinons nos buts sur papier, nous mettons en face les moyens appropriés. Au lieu de monter une association, nous intégrons le centre social et socioculturel l’Oustal. Tout ce temps « perdu » n’est que prise d’appui pour mieux danser…

Danser comme ce 31 octobre 2008 ! Pour notre « premier bal », la météo nous met en alerte orange dès 17h00. Et pourtant, ce furent 325 personnes et beaucoup de bonheur : avec cet épisode cévenol, la fête était au rendez-vous. La danse était à la hauteur de l’ambiance dans l’équipe de bénévoles, de la pêche du groupe Cabr’e Can et de la qualité de la déco. Les courageux venus de loin s’en souviendront…

Pourquoi les danseurs aiment tant Boulegan ?

Ces questions peuvent probablement amener plusieurs réponses. Pour ma part, je donne la même réponse aux deux questions. Les danseurs ont la même attente que les villageois, un grand besoin d’air, l’envie de se lâcher à respirer à pleins poumons. Je m’explique :

Les danseurs qui viennent à Boulegan trouvent surtout un grand air de liberté
Ils trouvent un village accueillant, une fête très libre.
Musiciens, danseurs, non-danseurs, amateurs de musique et badauds partagent les rues librement, on peut se poser aussi bien à la buvette près des luthiers qu’au café du coin…

 On danse à fond, mais loin des confinements de « danseurs-spécialistes ».

Bien sûr que nous, les accros de la danse, nous avons besoin de festivals d’aficionados. Bien sûr que nous avons besoin de « Mecques » comme Gennetines, mais point trop n’en faut !
C’est en nous ce besoin de grand air qui nous fait aimer Boulegan, parce que c’est une fête des gens, de tous les gens, au moins ceux qui ont envie de convivialité simple : c’est tout simplement tout bon !

Un grand besoin d’air, c’est en fait le même besoin pour nous, les villageois
A Saint Jean du Gard, une bascule est en train de se faire : pour une grande partie des habitants, on commence à dépasser des clivages comme cévenol / étranger, vieux / jeune, chasseur / non-chasseur, cadre / chômeur, danseur / non-danseur…

Depuis les années 70, le village a profité de plusieurs vagues de nouveaux habitants, ou de gens qui reviennent après avoir bien bourlingué. Cela a donné progressivement de l’air frais, et maintenant les temps sont probablement mûrs pour aller plus loin.
Cela explique que beaucoup de gens pressentent tout ce que les fêtes trad portent en elles de potentiel de convivialité. C’est en partie pour cela qu’ils viennent aux bals et aux ateliers. Ils me disent par exemple : « Lors d’un cercle, je me suis retrouvé à prendre la taille d’une personne avec qui je ne parle plus depuis 15 ans, …et depuis on se reparle ! »

Le trad peut être un grand vent du large, c’est un potentiel extraordinaire. On ne sait pas l’or que nous avons entre les mains !
Mais ce renouveau du trad est encore fragile, il peut être mal utilisé. On peut venir au trad pour en profiter, s’y faire valoir, en tirer du brillant. Le vent se met difficilement en boîte…

En fait, le tout du tout, c’est d’ouvrir les boîtes de Pandore du trad.
Travailler pour la danse et la convivialité, et non pour le succès de l’association sur laquelle on a collé ce but. C’est tout différent.

Et alors, quelles sont les perspectives pour le trad à saint Jean du Gard ?

1. Aujourd’hui la plus belle perspective, la plus précieuse, c’est la poursuite de BOULEGAN, cette belle « machine » à donner de l’air, de la fête, de la liberté…
Les organisateurs ont ouvert leur équipe à quelques amateurs de musique et de danse trad pour la programmation des soirées.

Cela va donner un vendredi 10 avril 2009 avec une création surprise de Simone Botasso (duo Botasso + …), Bal’ o Gadjo et Djal, et le samedi 11 avec l’Armoire Bleue, Boréale, Le Quintette à Claques et … ?

2. Du côté de Ça-va-faire-bal, c’est l’atelier de danses mensuel avec des musiciens et Guillaume Groulard pour montrer les danses, le 2ème mercredi du mois à 20h30. A terme on lancera peut être un mini-bal chaque mois avec un petit budget, avis aux musiciens !
C’est aussi l’atelier de musiques à danser deux fois par mois avec Nicolas Roche de Tornamaï.

Et puis… 2 rendez-vous annuels pour danser + la fête de la musique :

> Le BAL D’HIVER : chaque année le 3ème samedi de février, 15 jours après la Saint Blaise de Saint Martial. En 2009, c’est le 21 : Repas bio dansé (en partenariat avec une association qui fait un séminaire pour 100 personnes sur « écologie et économie »), petite restauration. Les groupes : éol, Cévennic et Bal en chantier.

> La fête de la musique : sur la place le 20 ou 21 juin (à confirmer)

> Le FESTI’BAL : chaque année le 1er week-end des vacances de toussaint. En 2009, ce sera les vendredi 23 et samedi 24 octobre. Pré-programme :
vendredi après-midi : bal pour enfants sur le temps scolaire (écoles maternelle et primaire ~250 enfants) avec les classes qui veulent participer.
vendredi soir : bal pour tous, parents-enfants et +
samedi après-midi : ateliers de danse et atelier musique.
samedi soir : bal avec 2-3 groupes et changements de plateaux alternatifs.

3. Plusieurs autres acteurs sont demandeurs de bals trad, même si ce n’est pas leur vocation première (collectivité, entreprises, association). Je ne peux encore en parler, c’est en germe et non confirmé. Et c’est sans parler des bals privés qui se feront probablement encore ici ou là.

4. Une autre belle perspective, ce serait que pendant Boulegan ou les autres bals annoncés, les fondus de danse invitent encore dans leurs tourbillons les débutants. Ce serait super qu’ils ouvrent un peu plus leurs cercles, qu’ils accueillent dans leurs danses les villageois qui les accueillent chez eux depuis quelques années.

Perspectives à plus long terme…

A Saint Jean du Gard, nous avons beaucoup d’acteurs qui veulent favoriser le trad et/ou la cohésion sociale. Certains ont des projets parfois importants. Nous pourrions être tentés de projeter la construction d’une structure juridique pour nous regrouper, comme une grosse association ou une fédération. A priori, je pense que ce pourrait être un peu risqué. Il est probablement plus judicieux de favoriser dans le même temps l’éclatement des pouvoirs et les partenariats.

Une mise en réseau des acteurs, souple et peu formelle, peut consolider et pérenniser des projets. C’est à mon avis dans la promotion de cette façon de travailler que va se jouer l’ampleur des perspectives du trad à Saint Jean du Gard.

Ici se dessine un trad de plus en plus populaire, ouvert sur l’extérieur, inséré dans la vie du village. C’est une nouvelle culture qui s’installe peu à peu. Elle est porteuse d’une nouvelle convivialité. Déjà, elle a commencé à émousser des clivages entre des gens et des groupes sociaux, et à diminuer des blocages individuels… !

 

                                                  André Mercoiret, le 30 décembre 2008