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Parce qu’elle est la visionnaire et la maîtresse d’oeuvre de tous les événements trad les plus audacieux de notre région, parce qu’elle est l’enseignante par qui tous les danseurs passent un jour s’ils veulent connaître les codes de la convivencia baléticienne, j’ai l’honneur de vous présenter l'entrevue de Carole Bertrand Gales, mon chef de guerre : |
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Peux tu nous conter ton parcours dans le trad et donc celui de “Lève Toi et Danse !” et autres partenaires essentiels qui ont participé à la construction de cette scène ? On peut dire que je suis tombée dans le trad par hasard, au coin d’une rue j’ai fait la rencontre d’ un groupe qui faisait de l’animation de rue et qui jouait trad, ça a été une grosse découverte. J’avais 20 ans, je n’avais jamais dansé de toute ma vie., je ne savais rien faire de particulier ni danse ni musique car j’avais été élevé dans un village où il n’y avait rien à faire (Mireval). Alors j’ai commencé à jouer du pétadou (instrument de percussion local = tambour à friction) et je me suis rendue compte que le rythme me plaisait drôlement., ensuite je suis passée au fifre dans la troupe de “Faï tirar Marius”, le fifre me plaisait aussi mais je me suis aperçue qu’en jouant du fifre j’avais envie de bouger, alors j’ai tout posé et je me suis mise à danser. Tu es donc quelqu’un d’essentiellement rythmique : Je pense oui parce que je n’ai jamais fait aucun effort pour accéder à la danse, dans ce domaine tout me parait assez évident, ça ne me demande pas de « travail » particulier et comme je ne suis pas laborieuse mais plutôt très paresseuse ça tombe très bien (rires). L’état des lieux à cette époque, en 1987 donc? C’était très pauvre niveau bals mais très rapidement je suis allée danser ailleurs. A St Chartier d’ abord où j’ai découvert un monde fabuleux. J’y ai rencontré des gens avec qui j’ai fait un super petit festival à Vaour dans le Tarn. C’est là bas que j’ai été initiée aux danses gasconnes. On dansait toute la nuit, on mangeait en chantant, on faisait la vaisselle en musique et on dormait très peu. C’est là aussi que j’ai rencontré tous les copains du Poitou, tous les grands musiciens comme Benoît Guerbigny Christian Pacher etc... enfin des grands aujourd’hui qui jouaient déjà sur des accordéons Bruno Priez ! Je suis vite rentrée dans une énergie de danse créatrice. C’était très dense ! Je regardais danser, je reproduisais à l’identique parce que j’ai toujours fonctionné comme ça, même à l’école quand j’ai appris à sauter à la corde… A Montpellier, les gens avec qui je dansais, c’étaient Ali et Abdel, deux étudiants d’Afrique du Nord : on délirait à arabiser les bourrées en improvisant et surtout en se marrant...Je me rappelle m’être fait virer d’un bal : l’accordéoniste chanteur du groupe s’est carrément arrêter de jouer pour nous demander ce qu’on faisait….
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La mise en réseau, la rencontre des gens de milieux différents qui peuvent se croiser. Quand le groupe “Guili au vent” s’est monté sur Montpellier, (des étudiants qui se sont mis à jouer du trad ensemble) ils côtoyaient les milieux contemporains, c’est ainsi que les deux milieux se sont croisés et se sont mutuellement aperçus qu’on pouvait faire des choses ensemble, les contempos se sont tournés vers le trad. avec des yeux nouveaux et les préjugés ont sautés. Je crois que c’est lié à un phénomène de société aussi. Si il y a des musiciens c’est qu’il y a un besoin, il n’y a pas de hasard, c’est dans l’air du temps. Je crois que les gens aujourd’hui ont vraiment besoin de se rencontrer, de se voir, de se parler, de se toucher dans la simplicité. As-tu conscience de ton rôle de meneuse d’hommes ? Non, surtout que j’adore être menée. Que ce soit dans le trad, dans mon boulot, ou dans ma famille, j’ai plus le sentiment d’avoir comme mission de créer des liens, des réseaux. Je suis là pour mettre les gens en contact, en relation, je ne sais pas comment dire... je suis un connecteur ? De plus en plus les gens m’appellent pour avoir des tuyaux, des adresses. Parle moi alors de l’idée de “Fayditféria” : Quand je me suis mis à l’entrevoir, j’en ai parlé avec Isa (grande danseuse aussi) avec qui on était assez en connexion pour délirer là dessus (j’ai toujours ce truc de connexion) pour moi c’était une évidence, ça ne pouvait pas ne pas être, ça ne pouvait pas ne pas fonctionner, je n’avais aucun doute sur la Fayditféria, je n’ai jamais eu peur de quoi que ce soit sur la Fayditféria. Je ne peux pas expliquer pourquoi mais un festival pour qu’il fonctionne, il faut trois ans, là ça a fonctionné de suite.
C’est vrai que dernièrement des amis bénévoles ont répondu à mon appel en me disant : “Tu me demandes, je te suis”. Ca m’a foutu une claque, j’ai trouvé ça énorme. De là à évoquer l’idée de chef… je préfère croire qu’on suit les personnes que l’on estime, aime, en qui on a confiance comme moi je t’ai suivi les yeux fermés sur ton idée de bals dans une salle rock !!!! d’ailleurs on n’a pas évoqué la grande aventure des bals au Rockstore et à Victoire !!! En ce qui concerne aujourd’hui, comment tu analyses ce qui se passe dans notre région ? Quand j’arrive à l’atelier du mercredi à la MJC Mélina Mercouri à Montpellier et que je vois tout ce monde, parfois jusqu’à 70 personnes (plus de 130 adhérents dans “Lève toi et danse” et on n’ est qu’en janvier), je trouve ça super étonnant, surtout le mélange des générations de 17 à 60 balais. On peut ne pas me trouver assez précise dans ma façon d’ apprendre à danser mais je n’ai pas envie d’amener ça, j’ai envie d’amener le plaisir de la danse, la liberté. J’éprouve un plaisir suprême à être là et à faire les choses ensemble donc je ne vais pas aller dans la précision, je veux libérer au contraire, faire qu’ils soient bien, et une fois qu’ils sont bien, j’encourage toujours à aller à la source, faire un stage précis bourrée trois temps par exemple. Je suis là pour les ouvrir, ça c’est mon rôle. Si les gens découvrent des choses avec moi, s’ils vont chercher plus loin et bien j’ai gagné, je suis contente. Propos recueillis religieusement par JMi Faydit |
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